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5 raisons pour apprendre aux jeunes les gestes qui sauvent…

8 février 2017 par Alterdokeo

Bonjour à tous,

Les ados et parfois même les plus jeunes enfants sont les plus à même de pousser les limites et de prendre des risques. Lorsque les choses tournent mal, il devient vital qu’ils soient munis des compétences et de la confiance pour aider les autres voire eux-mêmes.

Les adolescents sont exposés aux situations d’urgence. Une étude très intéressante, demandée par la Croix-Rouge britannique, a révélé ces statistiques inquiétantes (la population de l’Angleterre est de 53 millions d’habitants) :

  • Plus de 532 000 jeunes ados avaient dû faire face à un ami ayant abusé d’alcool et qui était malade, blessé ou inconscient au cours de l’année
  • 1/4 des jeunes ados interrogés avaient dû faire face à une crise d’asthme
  • 1/3 des ados interrogés avaient été témoins de quelqu’un victime d’un traumatisme crânien
  • 1/6 des ados interrogés avaient été témoins d’un camarade faisant une crise d’épilepsie

Les informations percutantes de cette étude étaient que lorsqu’ils étaient face à ces situations urgentes, 44% paniquaient et 46% ne savaient tout simplement pas quoi faire.

Mais, le chiffre le plus encourageant était que 97% des ados interrogés étaient convaincus qu’une formation aux gestes de premiers secours augmenterait leur confiance, leurs compétences et leur volonté d’agir en cas d’urgence.

En cas d’abus d’alcool :

Si quelqu’un perd connaissance après avoir bu trop d’alcool, il est essentiel de s’assurer qu’il respire toujours et si c’est bien le cas de le mettre en position latérale de sécurité (PLS) afin de préserver ses voies aériennes dégagées. En effet, le risque de laisser une personne inconsciente sur le dos est la survenue de ce que nous appelons en médecine d’urgence “l’inhalation”. Lorsque l’état de conscience est altéré, la déglutition peut ne plus se faire ainsi les voies aériennes (trachée et bronches) ne sont plus protégées. À l’extrême, ce qui n’est pas rare chez une personne saoule, si elle vomit, ces voies aériennes peuvent être “inondées” empêchant ainsi l’entrée d’air et d’oxygène dans les poumons entrainant un arrêt respiratoire puis un arrêt cardiaque. La victime ne toussera pas efficacement puisqu’elle est inconsciente. En PLS, la déglutition n’est pas rétablie mais si la victime devait vomir, alors “cela” sortirait en grande partie par la bouche sans compromettre les voies aériennes.

Si elle est inconsciente et qu’elle ne respire pas, alors elle fait un arrêt cardiaque. Après s’être assuré qu’il était en sécurité et que quelqu’un prévient les secours, l’ado débutera le massage cardiaque.

Les études montrent que les enfants à partir de l’âge de 10 ans peuvent apprendre à réaliser un massage cardiaque efficace.

Lorsque quelqu’un est saoul, son corps est exposé à l’hypothermie (ou baisse de sa température). Ainsi, s’il est dehors il est préférable lorsque c’est possible de le conduire à l’intérieur. Sinon il faut essayer de l’isoler du sol en plaçant un manteau ou une couverture entre lui et le sol et évidement faire la même chose en lui couvrant le corps.

L’ado qui reste avec lui en attendant les secours surveillera de manière rapprochée que la victime respire bien et que ses voies ariennes restent libres, surtout en cas de vomissement.

L’alcool rend également les symptômes spécifiques ou les signes de gravité difficiles à évaluer. Si quelqu’un est saoul et victime d’un traumatisme crânien, il est absolument essentiel qu’il puisse être évalué par un professionnel de santé. En effet, après un traumatisme crânien, la victime peut développer un coma. Il deviendra alors particulièrement difficile de faire la distinction entre un fêtard uniquement très ivre et une victime développant un coma grave.

En cas de crise convulsive :

Les crises d’épilepsie ne sont pas si rares chez les ados. En effet, il s’agit d’une maladie de l’enfance, très impressionnante et qui renferme un certain nombre de mythes. La crise convulsive généralisée (ce que l’on peut appeler “le grand mal”) se caractérise par plusieurs étapes qu’il est très intéressant d’apprendre aux ados à reconnaitre pour que leur aide soit efficace.

La crise généralisée se caractérise par une perte totale de connaissance, raison pour laquelle la victime, bien qu’elle bouge durant la crise, ne peut répondre.

Suit ensuite ce qu’on appelle en médecine une phase tonique. Comme son nom l’indique il s’agit d’une période d’environ 10 secondes pendant laquelle tous les muscles du corps vont se contracter. On entend souvent le MYTHE que la victime d’une crise convulsive risquerait “d’avaler sa langue”. C’est impossible. On ne peut pas, anatomiquement avaler sa langue. Par contre, le danger, pour l’ado qui intervient, est que s’il met ses doigts dans la bouche de la victime pendant la phase tonique, il pourra se faire mordre très fortement voire plus. De la même manière il ne faut surtout pas introduire quelque chose dans la bouche de la victime au cours de la crise au risque que cette dernière se casse tout simplement les dents.

Après la phase tonique survient la phase clonique. C’est pendant cette phase que surviennent les mouvements de soubresauts très impressionnants des crises convulsives. Cette phase dure de 30 a 60 secondes. Pendant cette phase il est important que l’ado puisse éviter que la victime ne se blesse. En pratique il peut être intéressant de lui tenir la tête pour que les clonies ne provoquent un traumatisme crânien supplémentaire.

Après c’est deux phases, la crise convulsive est terminée. Survient alors ce que l’on appelle la phase post-critique. C’est pendant cette phase que la victime va reprendre très, très progressivement contact avec le monde qui l’entoure. Il est donc tout à fait normal qu’elle ne réponde pas ou de manière non adaptée aux stimulations. Cette phase peut durer de 10 à 60 minutes. Elle est marquée par une respiration particulière que l’on appelle “respiration stertoreuse” se traduisant pas des mouvements amples du thorax et des formes de ronflements. C’est seulement à ce moment là qu’il conviendra que l’ado place la victime en PLS le temps qu’elle récupère un état de conscience satisfaisant.

Il est important d’assurer la sécurité de la victime au cours de la crise. De la même manière il faut appeler les secours 18 (Sapeurs Pompiers) ou 15 (SAMU) pour savoir ce qu’il convient de faire.

En cas de crise d’asthme :

Il est très intéressant d’apprendre aux enfants et aux adolescents à reconnaitre une crise d’asthme. Ainsi, ils pourront encourager l’ensemble des personnes autour de la victime à rester calme et ainsi ne pas ajouter un stress qui aggrave généralement les crises. L’ado auprès de la victime devra rechercher son inhalateur (Ventoline® pour ne pas faire de pub) afin de pouvoir lui administrer. Si la crise semble grave ou que la victime n’a pas son traitement avec elle, l’appel des secours est indispensable. Si l’ado est proche d’une pharmacie ouverte, il peut être utile d’aller se renseigner pour obtenir le précieux traitement qui sera délivré en présence du pharmacien.

Les enfants banalisent parfois les crises d’asthme. Les crises évoluant vers, ce que l’on appelle en médecine d’urgence, un “asthme aigu grave” sont rares mais tuent chaque année en France 1500 à 2000 personnes.

Éduquer nos enfants aux bons gestes en cas de crises d’asthme et à la gravité potentielle de celles-ci permettra de sauver plus de jeunes vies.

Chute de grande hauteur ou percussion par une voiture :

L’ado devra suspecter une atteinte de la colonne vertébrale voire de la moelle épinière. Connaître cette possibilité lui permettra de correctement agir et mobiliser la victime afin de ne pas aggraver les choses. En effet, s’il existe une atteinte osseuse ou de la moelle, des mouvements de torsion, de flexion ou d’extension inappropriés peuvent alors aggraver une fracture. L’os cassé pourra endommager la moelle épinière. C’est pour cette raison que l’ado, avec de l’aide, devra mobiliser la victime dans “l’axe tête-cou-tronc”. Ce terme technique de secours signifie que la tête, le cou et le corps devront toujours et sans exception être mobilisé en ligne droite ou rectitude avec une personne complètement dédiée à la stabilisation de la tête.

Comme toujours, il commencera par vérifier son état de conscience et s’assurera que la victime respire bien. La PLS est possible mais devra se faire avec de l’aide afin là encore de bien maintenir l’axe tête-cou-tronc.

Si la victime est inconsciente et ne respire plus, l’ado, après s’être assuré d’être en sécurité et que quelqu’un prévient les secours, débutera un massage cardiaque sans délai.

En cas de saignement, l’ado appliquera une pression directe sur la blessure en se protégeant les mains avec un vêtement par exemple.

Vous l’aurez compris, nous pourrions continuer la liste indéfiniment. Nos jeunes sont exposés aux mêmes risques que nous en plus de certains plus spécifiques. Les éduquer le plus tôt possible et de la meilleure manière est une action qui peut réellement changer les choses.

Chez AlterDokeo, nous en sommes convaincus. Combien de fois sommes-nous intervenus en SAMU-SMUR, combien de fois avons-nous vu dans notre service d’urgence ou de réanimation de jeunes victimes gravement touchées chez lesquelles les premiers secours auraient dû être réalisés ou mieux réalisés? Beaucoup trop.

Nous travaillons activement à l’élaboration d’un programme de formation spécifiquement dédié aux plus jeunes afin de leur permettre à eux aussi de changer les choses.

A très bientôt

L’équipe AlterDokeo