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Ce qui nous empêche d’agir…

23 janvier 2017 par Alterdokeo

Bonjour à tous,

Dans ce court article, nous vous proposons de nous interroger sur ce qui fait que nous mettons du temps à agir en situation d’urgence.

Récemment, dans notre service de réanimation, nous avons organisé, à destination des internes, une session de simulation sur mannequin haute fidélité. Cette simulation portait sur l’arrêt cardiaque et sa gestion par des équipes entraînées travaillant tous les jours aux côtés de patients gravement malades. Le scénario était simple. Un premier intervenant au lit du malade constatait la survenue d’un arrêt cardiaque et devait mettre en œuvre la ou les procédures de réanimation.

Sans même se focaliser sur quel type d’arrêt cardiaque le patient présentait, sur quel type de traitement il était nécessaire de mettre en route, sur le nombre d’intervenants nécessaires à la réanimation ou sur la qualité de l’alerte, une chose nous a particulièrement frappés : le temps non négligeable pour débuter le massage cardiaque externe.

En effet, la personne présente reconnaissait aisément l’arrêt cardiaque, donnait facilement l’alerte en prévenant tous les arrivants que le patient présentait un arrêt cardiaque mais à chaque fois, le temps nécessaire pour poser les mains sur la poitrine du patient et débuter les compressions thoraciques était long. Attention, nous ne parlons pas de plusieurs minutes mais, en tout cas, de plusieurs secondes, qui représentent toujours des secondes de trop.

Loin de nous l’idée de vous faire peur. Nous travaillons dans un excellent service de réanimation et, si vous deviez faire un arrêt cardiaque dans celui-ci, vous seriez pris en charge de la meilleure manière qu’il puisse exister. Nous souhaitons juste attirer votre attention sur les difficultés rencontrées par ces internes, non pas à reconnaître l’arrêt cardiaque, mais à débuter le massage cardiaque.

Pourquoi?

  • Parce qu’il s’agit d’une séance de simulation? Oui et non. Pour ceux qui auraient pu déjà y assister ou y participer, il faut environ 10 secondes, maximum, avant de penser que le mannequin allongé dans le lit est un vrai malade. Par contre, il s’agit réellement d’une épreuve. En effet, vous savez que vous allez devoir réanimer un mannequin mais que vous allez devoir le faire devant des personnes qui vous observent, qui scrutent vos réactions et vos attitudes, notent vos gestes et aptitudes. Nous le faisons toujours avec beaucoup de bienveillance, l’objectif n’étant pas de juger mais de permettre de se parfaire et de s’interroger sur ce qui pourrait être amélioré.
  • Parce que, même pour des professionnels, il s’agit d’une situation complexe ? Oui, complètement. Lorsque l’on constate que la personne en face de soi fait un arrêt cardiaque, toute personne normalement constituée n’a qu’une envie : FUIR, rapidement et le plus loin possible. Personne n’a envie d’être confronté à une situation d’urgence. Personne ne veut endosser la responsabilité de la mort d’une personne. Personne ne veut faire du mal dans une situation complexe.

En pratique, apprendre les gestes qui sauvent c’est apprendre des gestes, certes, mais c’est également apprendre un rythme, un algorithme d’application de ces gestes mais c’est surtout apprendre à franchir le pas. C’est le plus difficile. Franchir un gouffre cognitif qui fait de vous un observateur sur la rive d’un sauveteur compétent sur l’autre rive.

Nous sommes convaincus à AlterDokeo, que c’est en insistant sur le franchissement de ce gouffre que nous pourrons réellement sauver des vies.

Les techniques pour le faire sont simples et peu nombreuses. Dans les formations de gestes de premiers secours, les arguments donnés sont souvent ceux de la responsabilité et du “on ne peut pas faire pire que la situation dans laquelle se trouve la victime”. Oui, il y a du vrai mais force est de constater que cela ne fonctionne pas. De la personne ne connaissant rien à la médecine aiguë en passant par les médecins dans un service de réanimation.

Une des techniques simples qui est enseignée chez AlterDokeo est celle d’énoncer la situation d’urgence. Vous n’aurez pas de mal à la reconnaître mais il vous faudra l’énoncer haut et clair pour vous et pour chaque personne auprès de vous. Vous direz haut et clair que la personne étendue en face de vous fait un arrêt cardiaque. Le fait de l’énoncer sera le choc qui vous mettra en action et le choc qui mettra toutes les personnes auprès de vous en alerte pour intervenir et vous aider.

Voilà une chose parmi tant d’autres que nous vous apprendrons chez AlterDokeo. Nous vous apprendrons à ne plus jamais avoir peur d’agir dans les situations les aiguës et les plus graves. Nos formations feront de vous des sauveteurs, c’est sûr, mais surtout, nous espérons, des leaders dans la reconnaissance des situations d’urgence.

Nous vous invitons donc à aller faire un tour sur www.alterdokeo.fr pour trouver les formations qui vous intéresseront. Nous sommes toujours disponibles pour vous répondre et pour vous proposer les formations qui s’adapteront parfaitement à vos besoins.

A bientôt chez nous,

L’équipe d’AlterDokeo